Hommage à nos camarades alembertins !

HÉLAS, en cette année 2020 « troublée » par la COVID 19, les cérémonies du 11 novembre seront réduites à leur plus simple expression sur tout l’Hexagone. Pour la PREMIÈRE FOIS, au niveau de l’association des anciens d’Alembert, nous ne serons pas présents (pas plus que les élus de Montévrain) dans l’enceinte du CEFP d’Alembert. Il n’y aura personne, physiquement, devant la plaque commémorative afin d’honorer nos copains morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale et les différents conflits armés qui ont émaillé le siècle dernier. J’ai tenu, impérativement, à rendre, au nom de NOTRE ASSOCIATION, un hommage virtuel – mais bien tangible – dans le cadre du devoir de mémoire, c’est bien le moins que je puisse faire, en votre NOM À TOUS, si vous m’y autorisez !

Les commémorations du 11 novembre sont des temps forts pour les quelque 35.000 communes de France. Ce sont des moments importants pour chaque famille qui voient leur sacrifice reconnu par la France. Ce sont des moments graves pour tous les habitants et, notamment, les plus jeunes qui se souviennent ou apprennent ce que le passé de notre « vieille » France véhicule.

Il faut donc, à chaque fois, et chaque année, trouver les mots qui nous rappellent des faits de plus en plus éloignés et donner le sens et la portée de chacun d’eux à toutes et tous, notamment à notre jeunesse afin qu’elle n’oublie pas et puisse transmettre aux plus jeunes générations, perpétuant ainsi le DEVOIR DE MÉMOIRE !

Qu’ils n’oublient jamais ce jour d’automne où, dans la forêt de Compiègne, la fin des combats est signée entre les belligérants principaux de cette Première Guerre mondiale : l’Allemagne et la France.

Pour la France un simple chiffre : 27 % des hommes entre 18 et 27 ans sont morts. C’est dire si peu de familles françaises ont été épargnées par ces quatre années. Et pourtant, comme ils étaient « heureux », ces mobilisés de l’an 14 ! « Heureux » d’aller reprendre l’Alsace et la Lorraine et de venger leur pays de l’humiliation de 1870. Comme ils ignoraient la peur. Un départ de soldats, c’est toujours moins tragique qu’un retour du front, même pour les « chanceux », apparemment indemnes.

Nous faisons partie de la dernière génération à avoir entendu le récit de cette guerre par ceux qui l’ont faite. Que signifiera-t-elle dans cinquante ans ? Il faut s’interroger clairement et sans tabou sur la valeur, l’utilité, la symbolique de ce jour sans école pour les enfants.

La réponse est assez simple : montrer ce que des citoyens ont pu faire pour conserver leurs institutions, leurs coutumes, leurs lois. Montrer que pour cela des millions de petits, qui subissent l’Histoire à chaque fois qu’ils la font, ont été au bout de la souffrance, au bout du courage, au bout du sacrifice.

Commémorer, c’est faire de l’éducation civique, de la pédagogie citoyenne. La France n’est rien sans ce que les Français ont en commun. L’Histoire d’un pays, c’est le ciment de son unité. Et la Grande Guerre de 14-18 est l’instant le plus fort de l’unité d’un peuple qui – le passé le prouve – se divise assez complaisamment. Durant ces quatre années, les Français se sont appliqués à rester unis : c’est pourquoi ce jour est le souvenir d’une victoire. Jamais les divers groupes qui forment ce que l’on appelle « les Français » n’ont autant essayé d’oublier les raisons qui, depuis des siècles, les poussaient à la DISSIDENCE, à la DIVISION, à la RANCUNE.

C’est une autre chose qu’il convient de célébrer. Le 11 novembre, c’est la fête de la France unie, la fête de la volonté d’un peuple de résister, la fête des hommes qui se battent pendant que leurs femmes font tourner les usines, la fête de chaque famille amputée d’un ou de plusieurs de ses membres pour la liberté de demain, c’est-à-dire notre liberté d’aujourd’hui.

Le 11 novembre, enfin, c’est le souvenir de l’immense souffrance de nos grands-parents qu’on a envoyés par milliers conquérir des morceaux de collines, des bouts de paysage, des lopins de terre éventrés. Pour pas grand-chose et parfois pour rien, au nom d’une gloire que chaque communiqué des états-majors se doit d’illustrer. Comment ne pas évoquer Verdun, bataille sans réelle portée stratégique, mais qui fut la plus gourmande en hommes de toutes celles de l’Histoire ? Qu’est-ce qu’une victoire lorsqu’elle se solde par la mort de 360.000 de nos compatriotes ?

La Première Guerre mondiale, c’est l’histoire d’une des plus grandes souffrances humaines. Et c’est au nom de l’homme, de tous les hommes, qu’il s’agit, par simple amour de la vie, d’en garder la mémoire. Et tous les ans, un jour n’est pas de trop pour faire vivre un souvenir comme celui-là.

La MONTÉE DES EXTRÉMISMES doit nous rappeler les années 1930 (délétères) qui ont nourri bien d’autres conflits. Le philosophe Hegel disait qu’« on ne tire pas de leçons de l’Histoire », mais ce qui est sûr, c’est qu’en connaissant notre Histoire, on est en mesure de savoir où on veut aller. Ce message est pour vous, les enfants et les plus jeunes d’entre nous.

Soyons fiers de notre devise : « Liberté, Égalité et Fraternité », symboles de notre démocratie. Donnons un vrai sens à l’Europe et à l’union des pays proches.

Dans ce contexte, il est indispensable d’être TOUS UNIS pour cet hommage à la paix retrouvée et à la fin de la barbarie. Puissions-nous lutter ensemble contre la peur de l’autre, l’intolérance et l’ignorance.

C’est dire toute l’importance de tous ces rassemblements pour des « petits gars » qui écrivaient à leurs mères, leurs femmes ou leurs fiancées dans la boue et la peur au ventre, mais qui avaient l’espoir de VIVRE LIBRES dans un MONDE MEILLEUR.

Rendons-leur un hommage vibrant en observant une minute de silence, chacun dans nos foyers, pour leur héroïsme mais aussi pour aujourd’hui et pour demain.

Confraternellement.

Guylem GOHORY (président des anciens d’Alembert)

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