Jean-Claude Cormier nous écrit

A vous tous mes amis,

Une plume m’invite à vous répondre, ce que je me suis empressé d’accepter. Empressement, certes, dissimulé par la maladie, mais ressenti, fortement ressenti.

Car, comme vous l’avez si bien évoqué, je suis un homme de « voiX-E »

Dans mon cas, les deux orthographes sont justifiées.

« Voix » : Celle de stentor, qui déclamait, haranguait, dénonçait, encourageait, racontait.

« Voie » : Celle que j’ai découvert, suivie, affirmée et partagée depuis ma Bretagne natale jusqu’en pays Montévrain et bien au-delà encore lors de mes périples de globe-trotter.

La voiX-E de l’Amitié, solidaire et fraternelle.

S’il est un virus qui m’affecte et auquel je suis attaché, il s’agit bien de l’Amitié. Contre celui-ci, nulle volonté d’être vacciné, je préfère l’incarner.

L’Amitié fidèle et plurielle, celle que j’ai découvert pratiquement au berceau, celles qui m’ont aidé à grandir, à garder confiance à passer tous les âges, les épreuves et les réussites. Et j’en compte un bon nombre sous l’œil bienveillant de notre Vieille Dame, Noble Dame.

A vos côtés, jour après jour, je me suis trouvé une famille, mois après mois, je me suis formé à un métier, année après année, je me suis engagé à redonner ce qui m’avait été offert. Une place, mon histoire dans la vôtre et vice et versa.

Tout ce que vous écrivez est vrai, tellement vrai. Mon combat aux côtés de Ma Josiane, ma détresse si profonde à son décès, mon amour infini.

Mais il est une autre vérité, toujours aussi intense, celle de mon engagement, de ma fraternelle fidélité envers mes amis.

Souvenez-vous de moi tel que vous me décrivez : épicurien, dithyrambique, globe-trotter car tout cela me définit.

C’est ainsi que j’ai vécu, c’est ainsi que je me revendique malgré la maladie. Pied de nez, uppercut, croche patte au mal insidieux qui m’envahit. Face à l’insupportable qu’ il m’impose, je m’extirpe de ce silence pour vous répondre à vous tous compagnons de route, encore vaillants ou affaiblis par la maladie, la vieillesse ou la solitude.

Rien ne peut et ne pourra effacer tout ce que nous avons partagé, tout ce qui nous rassemble au tréfonds de notre être. Nos valeurs fraternelles et solidaires, intrinsèques à chaque Alembertin.

Merci pour vos mots, merci pour les cartes postales. Certes, ils ne balaient pas les affres de la maladie mais ils révèlent l’intention permanente, réchauffent le cœur, le gonfle d’émotions et de gratitude.

Fidèle, engagé, je garde en ma mémoire inoxydable, comme vous le savez, toutes mes rencontres Alembertines. Du jeune fraîchement diplômé à l’ancien compagnon visité en demeure, en passant par mes rappels amicaux aux adhérents afin qu’ils honorent leur cotisation.

Pour chacun, j’ai eu ce geste, figé sur les photos souvenirs que je conserve précieusement. Un geste, une attitude, une présence observée par la plume qui accompagne ces mots. « Une main sur l’épaule ». Cette main qui réunit, encourage, accueille, reconnait, remercie. Cette main, le jour du banquet du Morvan à Alligny- en -Morvan, posez-la sur l’épaule de votre voisin de joyeuse tablée. Formez une chaîne humaine de l’Amitié Alembertine. Immortalisez-la et partagez-la avec tous les nôtres, Alembertins, veuves…

De mon pays natal, auprès de mon « demi-frère » et de mes anges-gardiens si dévoués, je serai avec vous en pensées et de tout mon être.

Voyez, confrères, malgré la maladie j’ai saisi l’occasion d’en « placer une » et de vous témoigner, à nouveau, mon engagement viscéral.

Ne vous méprenez pas, si cette réponse vous parvient, c’est qu’elle est mienne.

Ma voix n’est pas usurpée, ma voix est portée, humblement et fidèlement.

Alors, main sur l’épaule et verre levé à « La santé des confrères ».

Jean-Claude CORMIER

 

Une réflexion sur « Jean-Claude Cormier nous écrit »

  1. Bonjour les Anciens d’Alembert !

    Je suis loin de vous et de la France ! En effet j ai fini par franchir la Méditerranée et suis maintenant installé au Cameroun et vit une retraite que je pense avoir bien mérité !

    Je viens de vous trouver en faisant la recherche d’un Ami qui ce n’est pas un secret l’Amis de tous, n’est-ce pas cher Jean Claude !

    Par la lecture des tes écrits je viens d’apprendre la disparition de Josianne que j’appréciais beaucoup ! Je découvre que tu es malade ! Par pudeur le mal dont tu souffres j espère que tu arriveras à le surmonter !

    J’aurais aimé te recevoir et que tu passes ici de bonnes vacances ! Si ton mal te libère un jour ne te gène pas !

    Mon Ami j’espere avoir de tes nouvelles très prochainement mais tu peux aussi me retrouver sur facebook à mon nom je te donne mon adresse mail par ailleurs !

    Tous mes souhaits de bon rétablissement ! Je ne t’ai jamais oublié !

    Amitiés.

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