14-18 : SOUVENONS-NOUS !

En ce temps-là, on porte la casquette à la guinguette,
Ou le canotier quand on part en goguette.
On découvre l’invention de l’espéranto.
Les blés parsemés de bleuets et de coquelicots

Attendent, il sont près d’être fauchés,
Août mil neuf cent quatorze, c’est l’été.
Ils avaient de dix-sept à vingt-sept ans,
Mais ils pouvaient avoir de trente à quarante ans.
Il étaient épris de liberté, de grandeurs innocentes
Vénéraient la paix, quand d’autres semaient la tourmente

Autant de voyageurs sans bagage,
Qui durent quitter famille et ouvrage
Pour revêtir l’uniforme mal coupé,
Le pantalon rouge, le képi cabossé,
Endosser le barda trop chargé,
Chausser les gros godillots cloutés.

Très vite ils comprirent que cette guerre
N’avait aucun sens, mais défendirent leur terre.
Ils ont tracé des sillons devenus tranchées
Pour reconquérir des vertus profanées

De dernière bataille en dernière bataille,
En 50 mois, on les a vidé de leurs entrailles.
La peur au ventre, ils ont perdu leur âme,
Dans la désastreuse offensive du chemin des Dames,
Avec parfois cette criminelle inconscience
D’officiers supérieurs au sommet de leur incompétence.

Ils furent surnommés les POILUS.
Ils vivaient au rythme des balles et des obus.
Ils ont parfois à la baïonnette chargé
Ils subirent des blessures, le corps cassé.
Mutilés, avec la mort à chaque saison.
Il chantaient « La Madelon » en montant au front,
Sous la mitraille et le feu nourri des canons,

A Verdun,Ypres, Péronne, la Somme, Douaumont.
En France, sur tous nos monuments aux morts,
Deux millions de noms inscrits en lettres d’or.
Aujourd’hui, je n’ai rien d’un joyeux rimeur,
Des horreurs de 14-18, suis modeste évocateur.

Fort heureusement tout au long du parcours,
Dans mon village, j’ai entendu de beaux discours,
Hommages et gloire aux braves « poilus » victorieux
Dans la douleur, d’un ordre impérialiste outrageux.
A l’armistice de 1918, la liesse déferle sur la France,
Sans faire oublier aux « Poilus », quatre années de souffrance.

Jeunesse sacifiée, soldats déchirés meurtris dans leur chair,
Saisons profanées, étés, printemps, automnes, hivers.
Souvenons-nous mes amis, de cette jeunesse d’hier.
Souvenons-nous, des valeurs défendues par nos ancêtres.
Que le souvenir, d’une génération sacrifiée, reste en mémoire.
Que la jeunesse d’aujourd’hui soit l’héritière de ce devoir de mémoire.

Robert RAYMOND

 

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